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LITANIES AT
LITANIES AT

         Avant la publication de l’article « Viol des corps, viol des âmes », je l’avais soumis à la lecture de mon «belot » Jhaquot (Jacques Braud), qui lui aussi a commis deux très bons livres de ses mémoires (aujourd’hui épuisés) -un troisième attend chez l’éditeur-. Il est également auteur-compositeur de très nombreuses chansons (dont la « chèvre à Marie Louise » qui est sur mon  troisième disque), de poèmes en français et en parlanjhe. Je lui faisais donc part de mes doutes sur mon article et en particulier sur l’insuffisance de mon argumentation face à l’ampleur des méfaits des religions. Il m’a généreusement rassuré et joint à sa réponse un poème de 550 vers écrit en 2015 (qui fait référence à une chanson du regretté Allain Leprest). J’en publie ci après les 260 premiers (environ)

Après avoir proposé cette toile d’Andy Warhol à J.B. en illustration de son poème où je lui demandais de dessiner quelque chose (eh oui, j’ai oublié de vous dire qu’il dessine aussi…), il m’a envoyé ce commentaire et ce dessin intitulé: "préserv-à- tifs"
« Je n’aime pas vraiment Andy Warhol que j’ai toujours classé parmi les artistes  faussement subversifs. De plus, touché par la foi « sur le tard », il allait en cachette  à la messe tous les dimanches ! »

Jour de colère

Je ne te salue pas
Toi qu'on dit dans les cieux.
Je ne crois pas en Toi !
Comment croire au «bon» dieu,
Quand chaque jour apporte,
Sempiternelle épreuve,
Comme une pénitence,
Une nouvelle preuve
De ton inexistence.
Alors fais-moi plaisir,
Pose-moi ce havane
Que t'offrit un beau jour
Un notoire profane
Un dénommé Gainsbourg
Et prête-moi l'oreille
Laisse-moi me venger,
Alors que le sommeil
Vient de m'abandonner.
Laisse-moi protester,
Te crier ma colère
Pour toutes les horreurs
Que tu as tolérées
Et qu'encore tu tolères. 
Du haut de ton perchoir,
Toi qu'on dit bienveillant,
Comment fais-tu pour voir
Ce monde  désespérant
En nous disant de croire
A l'avenir radieux,
D'attendre pour goûter
Enfin l'amour promis
La fausse éternité
De ton faux paradis
Et de laisser mourir,
En détournant les yeux,
Des jeunes  pleins d'avenir
Honnêtes, généreux,
Tandis que sacrifiant
A ta vieille habitude
Tu laisses bien vivante
Toute une multitude

De  salauds, de pourris
D'assassins, d'égorgeurs,
Et tout un ramassis
De cuistres et de menteurs ?
Je m'en tiendrai à eux
Car dans le vaste monde
Où tu prétends régner
La liste serait longue.
Souffre que je te rappelle,
Tu les as en mémoire,
Les cas les plus cruels
Qui parsèment l'histoire
De mes « frères humains »,
Comme disait Villon,
Au pied de la potence
Où il croyait encore
A ton absolution,
Attendant la sentence
Et que pointait  l'aurore
Grise de Montfaucon.
Les pieds dans les charniers
La tête dans les cieux
Tu regardes s'affronter
Les hommes au nom de Dieu
Et du haut de TA gloire
Tu les vois s'agiter
Autour des crématoires.
Sans seulement  oser
Lever le petit doigt,
Tu regardes ces enfants
Dont beaucoup croient en toi,
Suffoquant et toussant
Agoniser aux pieds
De leurs parents tondus
Qu'on a déshabillés,
Victimes éperdues
Sous les douches trompeuses
Crachant le Zyklon B
Dans les chambres à gaz
Tout exprès édifiées
Que naguère niait
Un dénommé  Le Pen
Nostalgique de Vichy
Et volontiers obscène,
Pour qui le crématoire
N'était, horreur insigne,
Qu'un moyen expiatoire
Pour une race indigne.
La Pucelle sanctifiée
Erigée en symbole
De son parti «fâcheux»
N'est pas aveugle et
A bien  trop de vergogne
Pour exhausser les vœux
D'un vieux tortionnaire borgne
Qui prétend nous sauver
En  remettant demain
La « Patrie en danger »
A un nouveau Pétain.
Tu regardes les hommes
Se rouler dans leur sang
Comme bêtes  de somme
Tuées aux abattoirs
Par de frustes bouchers
Dans les « nuits et brouillards »
Et les atrocités
De la guerre moderne.
Et les petits soldats,
Effrayés et l'œil terne
Meurent au champ d'honneur
Dans la boue, les gravats.
Étranglés par la peur,
Ils appellent « maman »,
La voix faible soudain
De celui qui déjà,
Les tripes dans ses mains,
Sent venir le trépas.
Et la boue des tranchées
Emplit leur bouche ouverte
Sur le cri silencieux
Lançant dans la nuit brune
Leur plainte interminable.
Ils meurent lentement
Exposant à la lune
Sous le ciel assombri
La trace  abominable
De leur lente agonie
En un sourire horrible,
Balafre  inavouée,
Image indélébile
De leur vie sacrifiée
Tu laisses impunément
Tes viles créatures
Sans faiblir un instant
Se livrer à l'ordure
De tous leurs génocides
De leurs guerres incessantes
De leurs infanticides
De leurs conflits raciaux
Aux paroles ronflantes
Des hymnes nationaux
Sous les drapeaux flottants
De ces armées bénies
Par  des curés priant
Au nom de la Patrie.
Tes mosquées, tes églises,
Edifices  luxueux,
Cathédrales en guise
De temples prétentieux
Tu veux que je te dise ?
C'est de la poudre aux yeux,
Des miroirs aux alouettes
Où viennent se coller
Paumés et marionnettes
Qui croient que, pour sauver
Leur vie ou bien leur âme,
Il suffit d'écouter
Les pasteurs, les imams ,
Les popes, les prophètes,
Tous de fieffés menteurs ,
Des prêcheurs d'opérette,
Des semeurs de discorde,
Qui prennent bien leurs aises
Et mettent leur ardeur
A attiser les braises
Sur lesquelles se tordent
Les suppliciés du monde
Qu'ils soient femmes ou enfants
Et que la bête immonde
Sacrifie en riant
Éclaboussant la Terre
Des gerbes de leur sang.
Je ne te salue pas
Et je n'ai pas envie
De  crever ni pour Toi
Non plus que pour Marie.
Tes anges n'ont pas plus
De grâces à mes yeux
Que du Satan cornu
Les démons monstrueux.
J'entends encore d'ici
Les cris des suppliciés
Que ton inquisition
Torturait sans  pitié
Pour les obliger à
Renier leurs idées
N'ayant pas d'autre choix
Que de se parjurer
Ou de mourir pour Toi.
J'entends encore d'ici,
Immonde flétrissure,
Ceux des bébés jetés
Du haut de Montségur,
Tout vivants dans les flammes
Des bûchers allumés
Par tes bourreaux infâmes
Sous les yeux de leurs mères
Hérétiques cathares
Condamnées, en prière,
Regarder périr
Aux divines fanfares
La chair de leur chair
Comme le fit Marie
Celle que l'on disait vierge,
(Ne comptez pas sur moi
Pour lui brûler un cierge)
Après le long calvaire,
Lorsque le centurion
Aux ordres de Pilate
Planta les clous honteux
Devant la foule coite
Dans les poignets noueux
De son fils et du Tien
Sur la croix du supplice
Des esclaves fugueurs,
Inhumaine justice
Du Romain gouverneur
Sans que tu lui apportes
Le moindre soutien
Et sans  prêter main-forte,
Au pieux Nazaréen.
Je ne te salue pas
Toi qui laissas jadis
Massacrer sans remords
Au nom de TA  justice
Le peuple protestant
Aux enfers promis
Et offerts par Satan
A Saint Barthélémy,
Toi qui  fermas les yeux
Aux Tziganes, aux homos,
Aux résistants tombés
Sous les coups des kapos,
Sur les juifs raflés,
Offerts avec rudesse
Aux crocs des chiens dressés
Par leurs gardes SS,
Femmes, vieillards, enfants
Entassés dans des trains
Aux portières plombées
Roulant vers un destin
Plus sombre que la nuit,
Gazés, exterminés
Dans les mouroirs nazis
A jamais condamnés
Par leur seule  fantaisie,
Sans espoir, sans appel,
Par ces   fous exécrés
Qui vouaient au scalpel
D'un triste Menguélé
Les  enfants d'Israël.
              J. Braud

Tag(s) : #poèmes

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